Avril
Le soleil matinal dessine des ronds d'or
Sur les plis satinés du couvre-pied jonquille ;
Il luit dans les cheveux de la fille qui dort
Et souligne l'éclat d'un diamant qui scintille.
La fille ouvre les yeux parmi le blanc chaos
Du lit tout chaviré des étreintes nocturnes ;
Contente d'être seule et, pourtant, sur le dos,
Elle évoque son rêve au plafond de sa turne.
Ses seins majestueux ondulent dans ses doigts
Et rentrent leurs tétons sous son index adroit
Tandis qu'elle entrevoit de paisibles délices.
Elle savoure enfin le plaisir merveilleux
D'étirer ses grands bras et d'écarter ses cuisses,
Sans que s'y précipite un client ennuyeux.
Maurice Bekobra.

